Le Protectorat sous Sisowath.... ou la collaboration docile.

Pour plus de détails, lire aussi :
Chronologie royale
Les événements à partir de 1848 (en français et en khmer)

SOURCE : Alain Forest, " Le Cambodge et la colonisation française"
Jérôme ROUER, dec 96, mai 97


De par la volonté du Protectorat, Sisowath, soutien inconditionel à la colonisation, succède à Norodom en 1904

Né en 1840, il a été élevé entre 14 et 18 ans à la cour de Bangkok.
Il a 20 ans lorsque son demi-frère Norodom monte sur le trône. L'insurrection montée par son frère Si Votha oblige le roi Norodom à fuir à Bangkok. Sisowath reste au Cambodge et lutte contre Si Votha. Jaloux, Norodom le fera exiler à Bangkok dont il s'enfuit en 1865 pour se réfugier à Saigon sous la protection et au service des Français.
De retour au Cambodge Sisowath vit à Kompong Cham. Lors de l'insurrection de 1885 il se range résolument du coté des Français.

A partir de 1904 la politique française envers la maison royale fut rigoureusement l'inverse de celle menée au Vietnam : volonté de rehausser la moralité et le prestige royals au Cambodge, politique de rabaissement de l'empereur au Vietnam...

Le roi, bien que dépossédé de ses pouvoirs politiques est conforté dans ses pouvoirs idéologiques, en particulier religieux : il ne cesse de visiter les pagodes.
Sa liste civile est augmentée.

Avant Sisowath les détenteurs réels du pouvoir étaient les fonctionnaires cambodgiens, ce seront désormais les administrateurs coloniaux qui parleront et décideront au nom du roi : en 1916 un grand mouvement de protestation paysanne déferle sur Phnom Penh pour protester contre les abus des fonctionnaires cambodgiens (et non contre l'administration coloniale), notamment en matière de corvées. Les meneurs s'adressent au roi, preuve de son prestige, et non au Résident supérieur...